Vie des frères

gouv_vign.jpgL’édifice dominicain est à l’image de son esprit : chaque frère est indispensable aux autres. Il a sa place, son rôle, son mot à dire. Il doit donner sa voix en de multiples occasions, et l’ensemble ne saurait s’en passer. Chacun est d’une certaine manière irremplaçable, puisque aucun n’est fait pour survivre seul. S’il y avait trop d’absents, ou un refus de participer, l’édifice ne tiendrait pas. La responsabilité de chacun est sollicitée. Elle est impérative. Une sanction est même prévue pour celui qui négligerait de participer à une élection, tant cela paraît inconcevable. Et la sanction est caractéristique : il perdrait sa voix pour l’élection suivante !

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prieur_vign.jpgLe rôle du prieur d’une communauté dominicaine n’a rien à voir avec l’autorité d’un abbé. On ne manque pas de le lui rappeler à l’occasion. Et ce faisant, un risque d’oublier qu’il assume cetie charge non par bonheur mais par devoir. Il n’est en rien un supérieur, au sens où on peut l’entendre dans la Compagnie de Jésus, car il n’a pas ce rôie à jouer. Son rôle est spécifique : il doit veiller à ce que soient appliquées les décisions prises en chapitre. « Ce qui doit être vécu par tous, doit être décidé par tous »
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    Constitution fondamentale de l’Ordre des Prêcheurs (Édition de 1989)

    § I. Le projet de l’Ordre s’exprime en ces termes dans une bulle du pape Honorius III à Dominique et à ses frères : “Celui qui ne cesse de féconder son Église par de nouveaux croyants, voulut conformer nos temps modernes à ceux des origines et diffuser la foi catholique. Il vous inspira donc le sentiment d’amour filial par lequel, embrassant la pauvreté et faisant profession de vie régulière, vous consacrez toutes vos forces à faire pénétrer la parole de Dieu, tandis que vous évangélisez par le monde le nom de Notre Seigneur Jésus-Christ.”

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Elles sont en harmonie car elles sont faites pour cela. Elles ne se présentent pas comme des « austérités » surajoutées pour rendre la vie plus méritoire et ne se conçoivent pas les unes sans les autres.

pred_vign.jpgComment séparer, par exemple, la prédication de l’évangile d’avec les vœux et leurs contraintes ? L’Évangile exige qu’on se consacre à lui, et cette consécration est au service de sa proclamation. Pourrait-on concevoir des religieux apostoliques qui n’étudient pas avec assiduité et qui ne mettent pas un point d’honneur à scruter les Ecritures et la Tradition, et la théologie, et l’enseignement de l’Église ? Et quel serait le sens de ces études, s’il ne s’agissait pas de les traduire ensuite en enseignement ? De même que seraient des prédicateurs, porte-parole du Dieu vivant, qui ne prieraient pas, qui n’auraient pas à coeur de célébrer ensemble la Parole qu’ils ont mission de proclamer ? Et cette prière chorale, liturgique, serait-elle concevable sans la volonté de la mettre en pratique dans une vie commune, fraternelle, animée par l’amour du Christ ?

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dom_vignette.jpgLa vertu de chasteté n’est pas réservée aux religieux. Chacun selon son état de vie doit respecter cette haute vertu. Celui qui est marié, s’il n’est pas tenu à la continence, doit respecter la chasteté dans la fidélité à son conjoint. Le religieux, lui, consacre à Dieu toute sa personne, corps et âme. Ce projet dépasse les forces humaines, et seuls peuvent s’engager sur cette voie, ceux qui en reçoivent la grâce : le Seigneur qui a lui-même suivi cette voie, en avait averti les siens qui l’interrogeaient sur le mariage : "il y en a qui ne se marient pas "à cause, du Royaume des deux" (Mt 19, 12).

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Livre des Constitutions et Ordinations de l’Ordre des Prêcheurs (Édition de 1989)

priere.jpgChapitre II : La sainte liturgie et la prière

56. [Constitution] Les frères suivront l’exemple de saint Dominique qui à la maison comme en voyage, de jour et de nuit, était assidu à l’office divin, à la prière, et célébrait avec une grande dévotion les divins mystères.

Article premier : La sainte liturgie

 

57. [Constitution] De par la volonté même de saint Dominique, la célébration solennelle et commune de la liturgie doit être tenue pour l’un des devoirs principaux qu’exige notre vocation. Dans la liturgie, surtout dans l’Eucharistie, est rendu présent le mystère du salut auquel, en elle, les frères ont part, qu’ils contemplent et qu’ils annoncent aux hommes dans leur prédication pour qu’ils soient incorporés au Christ par les sacrements de la foi. Dans la liturgie, en union avec le Christ, les frères glorifient Dieu pour le dessein éternel de sa volonté et le don admirable de sa grâce ; ils invoquent le Père des miséricordes pour l’Église universelle et pour les besoins et le salut du monde entier. C’est pourquoi la célébration de la liturgie est le centre et le coeur de toute notre vie dont l’unité s’enracine spécialement en elle.

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La vie commune est la composante essentielle de la vie dominicaine. Elle n’est pas seulement de l’ordre du moyen de sanctification ou de quoi que ce soit d’autre. Elle n’est pas seulement le plus important et le plus significatif des éléments constituant la vie des frères prêcheurs. Elle relève de son essence même. Dans toutes les formes de vie religieuse le fait de vivre ensemble dans la charité est évidemment essentiel. Mais la façon dont la Règle de saint Benoît et les Constitutions de la Compagnie de Jésus traitent de la vie commune et l’importance qu’elles lui accordent permettent de saisir quelques notables différences avec la tradition augustinienne dont émane l’ordre des prêcheurs.

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