Mot d'accueil du fr. Olivier de Saint Martin

Bienvenue à vous tous, vous mes chers frères Francisco et Pierre-Marie, vous leurs familles, vous les frères, prêtres, religieux, religieuses et amis, qui êtes présents dans notre église. Elle n’est pas encore aussi bien rénovée que Notre-Dame de la garde. Avec ses vitraux déposés, elle fait penser à Notre-Dame des courants d’air, l’église du film le petit baigneur ! J’en profite pour remercier tous les donateurs qui soutiennent ce chantier de longue haleine !
Merci au couvent de Marseille qui nous accueille généreusement. Merci à vous Monseigneur d’être parmi nous depuis hier et d’avoir accepté, en dépit d’un agenda que je n’ose imaginer, de présider cette Eucharistie et de conférer le diaconat à nos frères. Votre présence dit votre sollicitude, votre amitié et les liens qui unissent l’Ordre à Marseille. Cela fait 800 ans que cela dure !
Aujourd’hui, ce sont l’Eucharistie et deux ordinations diaconales qui nous rassemblent. Mais qu’est-ce qu’un diacre dominicain ? On dit souvent que l’Ordre est né dans une auberge toulousaine où notre père Dominique a discuté durant une nuit entière avec son tenancier. Et puisque nous sommes à Marseille, permettez-moi d’évoquer Cigalon l’aubergiste de Pagnol. Cigalon cuisine et bien mais il revendique ne pas servir n’importe qui. Et en fait, il ne sert plus personne. Le diaconat, c’est précisément l’antithèse de Cigalon. C’est refuser de choisir ses clients, ceux à qui on s’adresse. C’est être « tout à tous ». Ce n’est pas si simple, surtout dans la durée.
Hier, nous faisions mémoire de Pierre Claverie, notre frère dont l’assassinat, il y a trente ans, a été reconnu comme un martyre. Il était évêque mais restait diacre, serviteur de la portion du peuple chrétien qui lui avait été confiée à Oran. Son histoire nous a été rappelée avec cette phrase à graver en chacun de nous : notre vie n’a de valeur que parce qu’elle se donne. Il l’a dit et l’a vécu nous montrant ce que signifie servir, rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés, donner sa vie par amour jusqu’au bout. Chers frères je ne vous prédis aujourd’hui ni l’ordination épiscopale, ni le martyre ! Mais je vous souhaite de tout cœur de vivre comme Pierre Claverie de l’esprit de service et du don de l’amitié. Et de nous inviter, par votre vie, à faire de même.
Mes chers frères Francisco et Pierre-Marie, vous allez être configurés au Christ serviteur. Laissez-vous, jour après jour, transformer par Celui qui « n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ». Pour cela, vous aurez la Providence fait pratiquement coïncider votre ordination diaconale avec l’entrée en Carême. C’est un rappel pour chacun de nous : le carême, est un temps béni où nous cherchons à nous convertir par la prière, la pénitence et le partage pour mieux servir Dieu et notre prochain. Un chemin de dépouillement joyeux pour laisser toute la place au Christ Serviteur. N’est-ce pas là, aussi, une magnifique définition du diaconat ?




